Notre histoire
Creuset de la formation des officiers de l’Armée de Terre, l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan tire ses traditions de l’histoire de la formation des officiers français.
Histoire de Saint-Cyr de 1802 à 1945
La volonté d’instituer une formation spécifique et adaptée pour les hommes en charge de mener les combats émerge progressivement en France au cours du XVIIIe siècle.
Dès lors, de nombreux établissements sont créés : Polytechnique (1794) et l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM, 1802) dans un premier temps qui ont la charge d’assurer la formation initiale des futurs officiers de l’armée de Terre après recrutement des jeunes candidats sur concours. Dans un second temps sont créées l’École de cavalerie de Saumur (1828) ou encore l’École militaire de l’infanterie de Saint-Maixent (1881), dont la mission est de former des sous-officiers en vue de leur offrir un grade d’officier dans leurs armes d’origine (cavalerie, infanterie).
Si l’ESM ne forme que le quart des officiers (le reste étant issu de recrutement interne ou promus par le rang), c’est toutefois Saint-Cyr qui, avec Polytechnique, ouvre aux carrières les plus prestigieuses. De fait, l’établissement est l’objet d’une attention accrue et constante de la part du commandement, notamment au lendemain de la défaite de 1870 qui révèle les carences dans la formation des cadres et met en lumière la nécessité de dispenser un enseignement adapté à la conduite de la guerre.
Une logique similaire accompagne la défaite de juin 1940. Alors que l’ESM avait fermé ses portes devant l’avancée allemande, elle est finalement rouverte en octobre en zone libre au sein de la caserne Miollis d’Aix-en-Provence, où elle retrouve l’École militaire de l’infanterie. Les deux écoles y cohabiteront jusqu’au 4 décembre 1942, date de dissolution de ces établissements à la suite de l’invasion de la zone sud par la Wehrmacht.
En parallèle, et preuve s’il en est de l’importance acquise par les écoles de formation, une École militaire des cadets de la France Libre, reprenant les missions et enjeux de l’ESM, ouvre en Angleterre à partir de février 1941 sous l’impulsion du général de Gaulle. En parallèle, on crée à Cherchell (Algérie) une École des élèves aspirants (EEA) en formant sans distinction les élèves-officiers issus des lycées et classes préparatoires.
En raison de la nécessité d’instruire les cadres en vue d’une coordination étroite de toutes les armes sur le champ de bataille, l’EEA prend finalement le nom d’École militaire interarmes (EMIA) en janvier 1945, remplaçant ainsi l’ESM et toutes les autres écoles de formation d’officiers.
1945 - Implantation sur le camp de Coëtquidan
La libération du territoire à compter de l’été 1944 s’accompagne de la nécessité de rapatrier les écoles sur le sol métropolitain. Saint-Cyr l’École (près de Versailles) ayant été détruit par les bombardements alliés, le choix se porte alors sur le camp de Coëtquidan (Morbihan), après l’étude de plusieurs garnisons : Chartres, Fontainebleau, Grosbois et Reims.
Le choix de Coëtquidan, considéré comme temporaire, peine toutefois à faire l’unanimité. Nombreux sont les officiers qui s’expriment en faveur d’un retour à Saint-Cyr l’École, tandis que quelques voix, à l’instar du général Monclar, militent au contraire pour se détacher d’un lieu rappelant la récente défaite.
Mais surtout, à la lumière des dernières campagnes, l’école doit pouvoir disposer d’un terrain propice au combat mécanisé (manœuvre avec engins chenillés). Il faudra attendre la fin des années 50 pour que soit prise la décision définitive d’un maintien en Bretagne. Parallèlement, et sous l’impulsion du général de Lattre, l’EMIA devient l’unique creuset de formation des officiers de l’armée de Terre, « une école unique pour une armée unie », rassemblant les élèves des grandes écoles militaires, les militaires du corps de troupe ou encore les jeunes résistants susceptibles de devenir officiers.
Outre ce projet d’amalgame, l’objectif est de fournir aux futurs cadres une ouverture d’esprit, et les bases d’une instruction repensée à la lumière de la « guerre moderne ». Le 23 mai 1947, sa transformation en École spéciale militaire interarmes (ESMIA) est actée et voit le retour d’une distinction entre élèves de recrutement direct et semi-direct.
Signe d’une évolution par rapport à l’ESM, l’établissement accueille dorénavant tous les officiers de l’armée de Terre en incluant ceux des armes dites savantes auparavant formés par l’École Polytechnique : artillerie, génie, train, transmissions, etc.
Évolutions d'une formation d'excellence
Actant la séparation des élèves en deux bataillons en fonction de leur origine, le gouvernement décide de créer, en 1961, deux écoles de formation d’officiers distinctes : l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (recrutement direct) et l’École militaire interarmes (recrutement semi-direct).
Une infrastructure plus adaptée est construite. Cette « nouvelle école » va se structurer autour de trois pôles : le commandement, l’enseignement et la vie des élèves. Un bâtiment spécifique est construit pour abriter les collections du musée du Souvenir de Saint-Cyr, devenu en 2018, le Musée de l’Officier.
Sur le plan de la formation, l’accent est mis sur un accroissement de l’enseignement académique pour former l’esprit et le jugement des futurs officiers tout en les ouvrant aux évolutions techniques et à la compréhension du monde moderne.
Une nouvelle école, l’École militaire du corps technique et administratif (EMCTA) est créée en 1977 pour former de futurs officiers aux emplois administratifs de l’armée de Terre.
En 1983, le concours de l’École spéciale militaire est ouvert aux femmes.
En 2002, le principe de « semestrialisation » apparaît à Saint-Cyr. Ce nouveau rythme de formation vise à favoriser les échanges et les stages à l’étranger pour permettre une ouverture sur le
monde. L’adoption du processus de Bologne (licence, maitrise), l’année suivante, offre la reconnaissance internationale des diplômes délivrés et concrétise les partenariats avec d’autres grandes écoles ou académies militaires étrangères. Un diplôme universitaire et un titre d’ingénieur sont alors conférés aux élèves-officiers.
En 2011, le concours interne de l’EMIA accessible aux sous-officiers s’ouvre aux militaires du rang.
Les années 2020 marquent le début d’une refonte des enseignements académiques et militaires. Ainsi, les programmes sont articulés autour de quatre défis : l’humanité, la combativité, l’autorité et la complexité.
Histoire de l'ESM
L'École spéciale militaire de Saint-Cyr a été crée en 1802 par Napoléon Bonaparte.
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Histoire de l'EMIA
L'École militaire interarmes a été créée une première fois en 1942 à Cherchell (Algérie) avant d’être intégrée en 1947 à l’École spéciale militaire puis de devenir une école distincte en 1961 par le général de Gaulle à C...
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Histoire de l'EMAC
L'École militaire des aspirants de Coëtquidan est l'héritière du bataillon d’élèves-officiers de réserve de la Grande Guerre et de l'École des élèves aspirants de Cherchell.
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Histoire du camp de Coëtquidan
En plus de 150 ans d'existence, le camp de Coëtquidan n'a cessé de s’adapter pour faire écho aux grandes mutations de l'armée de Terre et anticiper les enjeux contemporains.
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