S’engager pour la Nation : transmettre l’esprit de service et de citoyenneté

Direction : Réserve citoyenne / Publié le : 05 février 2026

Réserviste citoyen auprès de la Délégation militaire départementale de la Seine-Maritime (DMD 76), Frédéric Maury est un ancien professionnel de l’industrie de défense qui met son expérience au service de la jeunesse. Par des actions concrètes et des échanges pédagogiques, il contribue à faire comprendre les missions, les valeurs et les métiers liés à la défense. Son engagement illustre le rôle du réserviste citoyen comme passerelle entre l’institution militaire et la société civile.

S’engager pour la Nation : transmettre l’esprit de service et de citoyenneté

Qu’est-ce qui vous a conduit à rejoindre la réserve citoyenne ?

Mon engagement au sein de la Réserve citoyenne s’inscrit dans une continuité, presque dans une filiation. Il prend racine dans un attachement profond aux valeurs républicaines et à l’institution militaire — ou apparentée — que je considère comme l’un des socles de la cohésion nationale et de la permanence de l’État. Le sens du devoir, l’esprit de service, la loyauté et la solidarité ont structuré mon parcours bien avant de devenir des principes formulés.

Cet attachement s’inscrit également dans un héritage familial. Issu pour partie d’une famille de militaires et de serviteurs de l’État, j’ai grandi avec l’idée que servir la Nation n’était ni un privilège ni une posture, mais une responsabilité. Une responsabilité transmise, assumée et réinterprétée par chaque génération selon ses moyens et ses compétences.

Rejoindre la Réserve citoyenne s’est donc imposé comme une évidence. Il s’agissait de prolonger un engagement professionnel vécu sur le terrain, en lui donnant une forme complémentaire, reconnue par l’institution et inscrite dans la durée. La Réserve citoyenne permet précisément cela : poursuivre le service de la Nation en renforçant le lien Armée–Nation, en transmettant les valeurs de défense et en contribuant à l’effort collectif, sans rompre avec la réalité du monde civil.

C’est enfin un espace de rencontres et de convergences. Des femmes et des hommes issus d’horizons très divers, mais unis par une même fidélité à l’idée de service et par la volonté de s’engager pour quelque chose qui les dépasse.

Quelles sont les actions que vous menez au profit des jeunes ?

Mon engagement associatif, et en particulier la direction du Spéléo Secours Français de la Seine-Maritime et de l’Eure, me place régulièrement au contact des jeunes générations. Qu’ils soient scolaires, étudiants ou jeunes bénévoles, ces échanges s’inscrivent toujours dans un cadre concret, celui de l’action, de l’effort partagé et de la responsabilité collective.

Lors de manifestations publiques, de démonstrations ou d’actions de sensibilisation, je m’attache à transmettre une conviction simple : l’engagement au service de la Nation peut prendre des formes multiples. Il peut être militaire, civil, associatif ou professionnel ; visible ou discret. Ce qui importe, c’est la constance, la sincérité et la volonté de servir le collectif.

À travers l’exemple du secours en milieu souterrain, les jeunes découvrent des valeurs qui font écho à celles portées par les armées : discipline, rigueur, solidarité, dépassement de soi, acceptation de la contrainte et sens de la mission. Ils comprennent que l’engagement peut s’inscrire dans la durée et coexister avec une passion, et qu’il n’existe ni âge idéal ni moment parfait pour s’engager.

Quelle est votre perception du rôle des réservistes citoyens ?

Le réserviste citoyen occupe une place singulière : celle du lien vivant entre l’institution militaire et la Nation. Dans une société où le fait militaire peut parfois sembler lointain ou méconnu, ce rôle de passerelle est essentiel pour préserver la compréhension mutuelle et la confiance.

Il doit être capable de rendre le monde militaire intelligible, sans l’édulcorer : expliquer les missions des armées, leurs contraintes, leurs exigences et leurs sacrifices, mais aussi leur utilité stratégique et leur légitimité démocratique. Il rappelle également que la défense de la Nation ne repose pas uniquement sur ses armées, mais sur le soutien éclairé et responsable de l’ensemble des citoyens.

Un mot sur une rencontre marquante avec des jeunes ?

Je pense notamment à une mini-conférence organisée à destination d’étudiants en cinquième année d’histoire, autour des métiers de l’industrie de défense, secteur dans lequel j’ai travaillé plus de trente-cinq ans. Souvent réduit à des représentations simplistes, ce domaine constitue pourtant un pilier de la souveraineté nationale.

Les échanges ont permis de mettre en lumière la diversité des parcours et des débouchés — de la recherche à l’ingénierie, de l’histoire à l’innovation — et d’aborder la dimension éthique et citoyenne de ces engagements : servir la souveraineté nationale et porter, parfois loin de l’Hexagone, une certaine idée de la France.

Un message aux nouvelles générations ?

L’engagement n’est ni une injonction ni un héritage figé. Il est un choix personnel aux conséquences collectives. Il peut évoluer, se transformer et s’adapter aux parcours et aux circonstances.

S’engager, c’est accepter de se situer au-delà de soi-même, inscrire ses actions dans une continuité et faire vivre concrètement les valeurs de la République. La vitalité de la Nation repose sur des citoyens conscients de leur rôle, prêts à s’impliquer et à assumer, à leur mesure, le devoir de transmettre.


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