Solidarité : de Saint-Maixent-l’École à Manéah, un don au service de la fraternité d’armes
Quatre palettes, plusieurs milliers de kilomètres et, derrière le matériel médical acheminé jusqu’en Guinée, la volonté de donner au jumelage entre l'ENSOA française et l'ENSOA guinéenne toute sa réalité. Le 30 juillet 2026, à l’occasion de la cérémonie de fin de scolarité des Écoles militaires de Manéah, un important lot de matériel médical a officiellement été remis à l’École nationale des sous-officiers d'active de Guinée.
Une opération conduite conjointement par l’ENSOA France et Pharmacie Humanitaire Internationale (PHI), avec le soutien de la mission de coopération de défense en Guinée.
Un jumelage prend tout son sens lorsqu’il permet de répondre à un besoin concret. C’est dans cet esprit qu’est née, à Saint-Maixent-l’École, l’idée de soutenir l’école sœur guinéenne par le don de matériel médical. Car former les futurs chefs militaires suppose également de leur offrir un environnement capable de prendre soin de ceux qui servent et de ceux qui se forment.
Derrière ces palettes, il y a donc la volonté de transformer un lien institutionnel en une solidarité tangible.
Quand les besoins rencontrent les bonnes volontés
Pour passer de l’intention à l’action, encore fallait-il réunir ceux qui disposent du matériel et ceux qui peuvent l’acheminer.
L’adjudant-chef Maurice a joué ce rôle de trait d’union. Engagé depuis plus de dix ans comme bénévole au magasin solidaire du Secours Catholique de Saint-Maixent-l'École, il connaît la force des réseaux associatifs locaux. C’est par son intermédiaire que l’École s’est rapprochée de l’antenne deux-sévrienne de Pharmacie Humanitaire Internationale (PHI79), présidée par David Paitraud.
L’association disposait de matériel médical collecté et prêt à être employé. Une difficulté demeurait cependant : lui faire franchir les frontières.
C’est précisément là que les compétences se sont complétées. PHI pouvait collecter et préparer et l’ENSOA pouvait organiser, coordonner et ouvrir une chaîne logistique jusqu’à la Guinée.
Ce partenariat entre une association humanitaire et une école militaire a ainsi permis de donner une destination utile à du matériel disponible, en l’orientant vers une structure partenaire dont les besoins avaient été identifiés.
Une longue chaîne de solidarité
Entre la collecte et la remise officielle, plusieurs milliers de kilomètres ont dû être parcourus.
Fin juillet 2025, près de 370 kgs de matériel médical sont récupérées parmi lesquels des béquilles, des stérilisateurs, des fauteuils, des colliers cervicaux et matériel de soin. Commence alors un travail moins visible, mais indispensable, associant les services logistiques, sous la conduite du sergent-chef Thomas, les services administratifs de l’École et différents acteurs du réseau militaire.
Le fret rejoint La Rochelle, direction l’Afrique de l’Ouest par la mer. Après son débarquement à Abidjan, en Côte d’Ivoire, il poursuit sa route par voie militaire jusqu’à Conakry, puis vers les Écoles militaires de Manéah.
« La matérialisation d’une véritable fraternité d’armes »
Le 30 juillet 2026, le voyage des quatre palettes s’achève symboliquement lors de la cérémonie de fin de scolarité organisée à Manéah, en présence des cadres de l’ENSOA guinéenne, de l’EMAMM (Ecole nationale d’administration militaire de Manéah) et de l’ENT (Ecole nationale des transmissions).
À cette occasion, le lieutenant-colonel Jérôme, attaché de défense, rappelle la portée de cette remise. Au-delà de sa dimension matérielle, elle représente selon lui « la matérialisation d’une véritable fraternité d’armes ».
Une fraternité déjà visible quelques jours auparavant sur les Champs-Élysées : lors du défilé du 14 Juillet, le lieutenant Albert avait pris place au premier rang des cadres de l’ENSOA, portant la tenue guinéenne au cœur du carré saint-maixentais.
À Paris, un officier guinéen défilant aux côtés de ses camarades français ; à Manéah, du matériel venu de France remis aux futurs sous-officiers guinéens.
Présidant la cérémonie, le chef d’état-major général des Armées adjoint, qui s’est rendu en France à l’ENSOA en mai 2026, a salué l’engagement français et résumé d’une phrase la dynamique engagée entre les deux institutions : « Le partenariat et le jumelage entre nos écoles sont en train de porter leurs fruits. »
Faire vivre le jumelage
Ce don n’a pas vocation à résumer, à lui seul, la coopération entre les deux ENSOA. Il en révèle cependant une dimension essentielle.
Le jumelage permet de partager des méthodes de formation par l’échange de cadres pour appuyer la formation de leur sous-officiers, des savoir-faire et une même réflexion sur la formation des sous-officiers. Mais il peut aussi permettre d’identifier des besoins, de mobiliser des réseaux et de mettre des capacités au service d’un partenaire.
À Saint-Maixent comme à Manéah, la mission reste finalement la même : former ceux qui, demain, auront la responsabilité de commander.
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