Le maréchal des logis-chef Maeva, maréchal-ferrant : le travail de l’ombre au service des chevaux

Direction : DRHAT / Publié le : 04 mars 2026

Chef d’atelier à la forge de l’Ecole militaire d’équitation (EME) du CNSD, le maréchal des logis-chef Maeva exerce un métier aussi discret qu’indispensable. Maréchal-ferrant, elle contribue quotidiennement au bien-être, à la santé et à la performance des chevaux, au cœur d’un travail collectif associant vétérinaires, cavaliers et personnel de l’école.

Le maréchal des logis-chef Maeva © CNSD / Défense

« J’ai toujours aimé les chevaux »

Plus que la pratique, ce sont l’observation, le soin et l’attention portées à l’animal qui ont toujours attirée la maréchal des logis-chef Maeva. Très tôt, elle passe du temps sur les terrains de concours, regarde les chevaux évoluer, s’intéresse à la manière dont ils sont ferrés. Peu à peu, l’idée du métier s’impose. 

Après une licence en administration publique, le maréchal des logis-chef se forme dans le monde civil et obtient un CAP de maréchal-ferrant. À 25 ans, elle choisit de s’engager en tant que militaire du rang au sein de l’armée de Terre, encouragée par son maître d’apprentissage. Elle y trouve un cadre formateur et structurant et évolue ensuite vers l’École nationale des sous-officiers d'active (ENSOA) Les diplômes s’enchaînent : CT1 (Certificat technique de premier niveau) de maître de forge, puis BM2 (brevet militaire de niveau 2). Si le métier reste le même, les responsabilités augmentent avec le grade. 

 

À la forge militaire, la cohésion prime

À la forge de l’EME , le travail diffère de celui de la forge civile. Ici, on ne travaille pas seul. L’objectif est triple : garantir la qualité des ferrures, assurer la formation des plus jeunes et répondre aux besoins opérationnels liés à l’activité équestre. Les conditions de travail sont optimisées : le matériel est sur place et les chevaux sont acheminés directement de l’écurie à la forge. Cette organisation permet une meilleure répartition des tâches, même si la charge physique et les astreintes restent inhérentes au métier.

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Un savoir-faire technique au quotidien

« La ferrure est un travail répétitif, physique, mais précis », tous les six semaines environ, chaque cheval est referré. Une ferrure dure en moyenne une heure. Les gestes doivent être maîtrisés, les postures adaptées. C’est par la répétition que vient l’expérience.

La relation avec le cheval est au cœur du métier. Chaque équidé présente des besoins et un comportement spécifique. Une attention particulière est portée aux jeunes chevaux, pour lesquels les premières ferrures sont déterminantes. Douceur, patience et adaptation permettent d’instaurer progressivement un climat de confiance, indispensable au bon déroulement du travail.

Un métier au cœur d’un travail pluridisciplinaire

À l’EME, le maréchal-ferrant travaille en étroite collaboration avec les vétérinaires et les cavaliers soigneurs. Les échanges sont constants afin d’adapter les ferrures aux contraintes sportives, aux pathologies éventuelles et aux objectifs de préparation des chevaux. S’appuyant sur l’imagerie médicale et les observations de terrain, les équipes recherchent ensemble les solutions les plus adaptées, parfois à visée thérapeutique. Cette coopération illustre le rôle central du maréchal-ferrant dans la chaîne de soins et de performance du cheval.

« L’armée offre de vraies possibilités d’évolution »

Chef d’atelier, le maréchal des logis-chef Maeva accorde une importance particulière à la transmission du savoir-faire et à l’accompagnement des jeunes maréchaux-ferrants. Première femme engagée dans cette spécialité, puis maître de forge, elle souligne l’importance de la formation continue : « l’armée offre de vraies possibilités d’évolution ». 

Si elle devait résumer son métier en trois mots, ce serait : passion, observation et technique.

Un métier exigeant et souvent discret, mais indispensable au service du cheval et de ceux qui le font vivre au sein de l’EME du CNSD

 

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