Quand le sport devient un nouveau départ : le portrait du CC1 Thomas
Secrétaire à la Direction technique des sports militaires de l’AMSD et joueur international français de volley assis, le caporal-chef de 1re classe Thomas a fait du sport un véritable moteur de sa reconstruction. De ses premiers stages de reconstruction par le sport jusqu’aux Jeux paralympiques de Paris 2024, retour sur un parcours marqué par la résilience et la découverte d’une passion sportive qui façonne encore aujourd’hui son quotidien.
Du 3ᵉ RPIMa à l’AMSD
Le CC1 Thomas s’engage en 2010 au sein du 3ᵉ Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine (3ᵉ RPIMa). Sa trajectoire bascule après un grave accident de la voie publique au cours duquel il perd une jambe.
S’ensuivent trois ans et demi d’hospitalisation à l’Hôpital d’instruction des armées Percy, de nombreuses opérations et plusieurs mois de rééducation. Il parvient finalement à réintégrer le 3ᵉ RPIMa, où il rejoint les ressources humaines.
C’est également durant cette période qu’il découvre le parcours de reconstruction par le sport proposé par le Bataillon de Fontainebleau, au sein de l’AMSD. Une étape déterminante qui lui permet de renouer avec la pratique sportive et de participer notamment aux Marine Corps Trials puis aux Invictus Games.
Ces premières expériences de la compétition internationale lui ouvrent progressivement la voie vers la pratique du sport de haut niveau.
Le volley assis, d’un stage de reconstruction à l’équipe de France
Il découvre une première fois le volley assis lors de stages de reconstruction. Mais c’est ensuite une rencontre à l’HIA Percy qui va véritablement changer la suite de son parcours.
« Un ami blessé des armées m’a proposé de faire un essai en volley assis. Une équipe de France était alors en cours de création dans l’optique de participer aux Jeux paralympiques de Paris 2024. »
Le plaisir est immédiat. Il rejoint un club et commence à participer à des compétitions. Rapidement repéré par l’entraîneur de l’équipe de France, il intègre l’effectif national en 2019 avant d’obtenir le statut de sportif de haut niveau en 2020.
À mesure que Paris 2024 approche, ce qui n’était au départ qu’une découverte devient un véritable projet sportif de haut niveau.
Paris 2024, « un moment unique, grandiose et inoubliable »
Cinq ans après son arrivée en équipe de France, le CC1 Thomas réalise l’un de ses principaux objectifs : participer aux Jeux paralympiques de Paris 2024.
Lorsqu’il évoque l’événement, un mot lui vient immédiatement : « Incroyable ! »
« L’accueil des volontaires, le village paralympique où se mêlent les meilleurs athlètes du monde de chaque discipline, la ferveur du public français qui nous a donné des ailes, les matchs contre les superstars mondiales du volley assis, sans oublier les cérémonies d’ouverture et de clôture… Tout cela a fait de ces Jeux un moment unique, grandiose et inoubliable. »
Au-delà de l’expérience personnelle, la compétition marque également une étape historique pour la discipline : pour la première fois, une équipe de France de volley assis participe aux Jeux paralympiques.
À l’issue des Jeux de Paris 2024, le CC1 Thomas rejoint l’AMSD en tant que secrétaire à la Direction technique des sports militaires. Il y poursuit également son engagement dans les stages de reconstruction par le sport, mais cette fois de l’autre côté : après y avoir lui-même découvert le volley assis, il intervient désormais pour faire connaître sa discipline à d’autres militaires blessés.
Et à côté de cet engagement au sein de l’AMSD, sa carrière sportive continue. Toujours membre de l’équipe de France de volley assis, il enchaîne les compétitions et poursuit sa progression au plus haut niveau.
Une médaille européenne et un retour parmi l’élite
Ainsi, du côté sportif, l’histoire se poursuit pour le CC1 Thomas. Lors du dernier championnat d’Europe B, l’équipe de France connaît d’abord un début de compétition difficile. Une défaite face à la Lituanie prive les Bleus de finale.
Mais l’équipe se remobilise.
Après une solide performance face à l’Italie, les Français retrouvent la Lituanie lors de la petite finale et prennent leur revanche. Une victoire synonyme de médaille de bronze et, surtout, de remontée en championnat d’Europe A.
« Nous finissons troisièmes, ce qui nous permet de remonter en championnat d’Europe A. À titre personnel, j’ai été titulaire sur tous les matchs et j’ai réalisé une grosse compétition, notamment lors de la petite finale où mes statistiques étaient particulièrement bonnes. »
Cette montée revêt une importance particulière pour le collectif français.
« Elle nous permet de renouer avec le plus haut niveau européen, mais aussi d’engranger davantage de points au classement mondial dans notre course aux Jeux paralympiques de Los Angeles 2028. »
Et maintenant, la suite ?
« La suite, c’est la reprise du championnat de France en octobre avec mon club, les Neptunes de Nantes, et la préparation des championnats du monde militaires de volley assis au Brésil en novembre avec l’équipe de France militaire. »
La saison à venir s’annonce donc particulièrement dense. Avec les Neptunes de Nantes, le CC1 Thomas retrouvera d’abord le championnat de France avant de rejoindre l’équipe de France militaire pour une nouvelle échéance internationale au Brésil.
Une particularité de son parcours puisqu’il évolue aujourd’hui sous deux maillots tricolores : celui de l’équipe de France fédérale et celui de l’équipe de France militaire.
À plus long terme, le cap reste bien fixé sur Los Angeles 2028, avec l’ambition de continuer à faire progresser le volley assis français au plus haut niveau international.
« Communication, anticipation et déplacement »
Et à ceux qui souhaiteraient découvrir la discipline, le CC1 Thomas adresse un message simple : le volley assis est un sport accessible à tous.
« Le volley assis est ouvert aussi bien aux personnes valides qu’aux personnes en situation de handicap, quels que soient l’âge et la condition physique. Il existe des clubs dans toutes les régions de France qui peuvent accueillir de nouveaux pratiquants, de l’initiation jusqu’à la compétition internationale. »
Et pour progresser, trois fondamentaux selon lui :
« Communication, anticipation et déplacement sont les clés de ce sport. »
Du parcours de reconstruction aux Jeux paralympiques, l’histoire du CC1 Thomas illustre la place essentielle que le sport peut occuper dans la reconstruction des militaires blessés, en faisant émerger de nouveaux projets et de nouvelles perspectives, tant personnelles que professionnelles.
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