Les para-athlètes de la Défense au rendez-vous lors des Jeux paralympiques de Milan-Cortina 2026
Après le triomphe olympique historique de leurs homologues militaires (15 médailles sur 23), les 4 para-athlètes de l’équipe de France militaire de ski (Bataillon de Joinville) ont brillé à leur tour aux Jeux paralympiques de Milan-Cortina 2026. Du 6 au 15 mars, ils ont remporté 6 des 12 médailles françaises, soit 50 % du total de la délégation. Par leur dépassement de soi, ils confirment la place incontournable des sportifs de la Défense dans le paralympisme tricolore.
La délégation paralympique de la Défense
Pour ces Jeux paralympiques d’hiver 2026, 13 para-athlètes ont été sélectionnés dans l’équipe de France paralympique.
Parmi eux, quatre para-athlètes, appartenant à la compagnie hiver du Bataillon de Joinville, ont représentés la France et ses armées dans trois grandes disciplines :
- L’ASC Benjamin DAVIET, para ski nordique (cat. debout)
- L’agent contractuel de catégorie B Anthony CHALENÇON, para ski nordique – B1 (cat. déficient visuel), guidé par Florian MICHELON
- L’ASC Aurélie RICHARD, para ski alpin (cat. debout)
- L’agent contractuel de catégorie B Maxime MONTAGGIONI, para snowboard cross (cat. debout)
Le saviez-vous ?
Les para-athlètes du Bataillon de Joinville sont engagés au sein du Secrétariat général pour l’administration en tant qu’agents sous contrat. Ce statut leur assure une rémunération stable, l’accès à des infrastructures et un accompagnement adapté à leur préparation sportive de haut-niveau.
Leurs portraits et résultats lors de Milan-Cortina 2026
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ASC Aurélie Richard — Para-ski alpin (catégorie debout)
Qui est-elle ?
Née avec une agénésie de l'avant-bras gauche, l’ASC Aurélie Richard a grandi sur les pistes des Hautes-Alpes et s’impose aujourd’hui comme l’une des meilleures et plus prometteuses handiskieuses du monde. Capable de concourir dans les cinq disciplines alpines : descente, super-G, super-combiné, slalom géant et slalom, elle incarne la polyvalence et la régularité au plus haut niveau. Sa saison 2025-2026 l’avait placée dans une dynamique idéale pour ces premiers Jeux : globe de cristal en descente le 5 février 2026 à Tignes, puis grand globe de cristal du classement général de la Coupe du monde le 10 février à Veysonnaz. Du haut de ses 19 ans, elle arrivait à Cortina d’Ampezzo en jeune leader, avec toutes les attentes et la pression qui s’imposent.
Le bilan de ses Jeux
Sur les pistes italiennes, l’agent sous contrat Richard a disputé cinq épreuves sur ces dix jours de compétitions, réalisant une moisson historique pour une première participation :
- 🎖 Argent – Descente
- 🎖 Argent – Super-G
- 🎖 Argent – Super-combiné
- 🎖 Bronze – Slalom géant
- 5e place – Slalom
Avec quatre médailles, elle conclut ces jeux comme l’athlète la plus titrée de la délégation paralympique française. Face aux meilleures coureuses du circuit mondial, elle a su faire preuve d’une remarquable maîtrise face à la pression sportive autant que la pression médiatique croissante.
Marie Bochet, ancienne membre de la compagnie hiver du Bataillon de Joinville, octuple championne paralympique et chef de mission de la délégation, a salué cette performance hors norme. Partageant le même handicap et l’ayant suivi tout au long de ces jeux, elle attribue notamment cette réussite à sa grande régularité et son impressionnante maturité au regard de son jeune âge et de sa première participation aux Jeux.
Elle repart d’Italie avec un nouveau statut de référence du para-ski alpin tricolore. Sa projection vers 2030 est déjà claire et ambitieuse : les Jeux dans les Alpes françaises, sur ses terres, où elle sera inévitablement l’une des têtes d’affiche de la délégation.
ZOOM sur le para-ski alpin - catégorie debout
Les athlètes évoluent debout, avec des adaptations matérielles spécifiques. Cinq épreuves sont disputées : descente, super-G, super-combiné, slalom géant et slalom. Un système de coefficients ajuste les temps en fonction du handicap afin d’assurer l’équité sportive.
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Agent contractuel de catégorie B Benjamin Daviet — Para-ski nordique (catégorie debout)
Qui est-il ?
À 36 ans, l’agent contractuel de catégorie B Benjamin Daviet figure parmi les para-sportifs français les plus titrés. Victime d'un grave accident à 17 ans, il a transformé cette épreuve en moteur de reconquête. Il rechausse les skis à 21 ans et intègre l'équipe de France handisport en 2010, se spécialisant en para-ski nordique pour devenir rapidement une référence mondiale. Son palmarès avant ces Jeux était déjà exceptionnel : dix médailles paralympiques dont cinq en or (Sotchi 2014, PyeongChang 2018 et Pékin 2022), treize titres de champion du monde, et une participation remarquée aux Jeux de Paris 2024 en para-aviron. Ce « vieux diesel », comme il se définit lui-même avec bienveillance, ne craint plus l'enchaînement des courses sur plusieurs jours. Pour ses quatrièmes Jeux paralympiques d'hiver, il abordait Milan-Cortina avec l'expérience des grands rendez-vous, sans pression excessive mais avec une ambition intacte.
Le bilan de ses Jeux
À Tesero, l’agent contractuel de catégorie B Daviet a livré plusieurs courses de haut niveau dans une compétition marquée par une concurrence féroce :
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🎖 Bronze – Sprint de para-ski de fond
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7e place – Sprint biathlon
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12e place – 20 km libre
Cette médaille de bronze sur le sprint de ski de fond, conquise dans un contexte de très haut niveau face à une concurrence renouvelée, lui offre une grande satisfaction : il devient médaillé lors de chacune de ses quatre éditions de Jeux paralympiques d’hiver, une constance que peu d’athlètes au monde peuvent revendiquer.
L’agent contractuel de catégorie B Daviet espère à présent pouvoir prolonger sa carrière jusqu’aux Jeux dans les Alpes françaises en 2030, non sans prendre le temps de retrouver les siens. L’occasion, peut-être, de marquer une dernière fois de son empreinte le para-ski nordique français.
ZOOM sur le para ski nordique - Késako ?
Le « para ski nordique » regroupe deux disciplines : le para ski de fond, course d’endurance sur neige disputée en style classique ou libre sur différents formats (sprint, distance ou relais), et le para biathlon, qui y ajoute des séquences de tir couché à 10 m avec une carabine à air comprimé.
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ASC Anthony Chalençon — Para-ski nordique, catégorie déficient visuel (B1)
Qui est-il ?
À 35 ans, l’ASC Chalençon abordait cette édition italienne avec l'émotion particulière de ceux qui vivent l’une de leurs dernières grandes compétitions après une longue carrière. Il avait commencé celle-ci en para ski alpin avant d’opérer une reconversion réussie vers le para ski nordique, où il s’est rapidement imposé parmi les meilleurs.
Non-voyant à cause d'une dégénérescence rétinienne, Anthony court exclusivement guidé par la voix de son guide Florian Michelon, avec lequel il forme un duo performant depuis 2022. Leur coordination repose sur une communication constante et une confiance absolue. Triple médaillé paralympique et habitué des podiums en Coupe du monde, l’agent sous contrat originaire de Haute-Savoie rejoignait les pistes de Val di Fiemme avec la volonté de conclure sa carrière paralympique sur une performance majeure.
Le bilan de ses Jeux :
La semaine fut longue et exigeante mais concluante pour l’ASC Chalençon :
10e place – Sprint biathlon
9e place – Individuel biathlon
6e place – Relais para-ski de fond
🎖 Bronze – 20 km libre para-ski de fond
Ce bronze, arraché lors de la toute dernière course des Jeux, le dimanche 15 mars à Tesero, a eu une saveur particulièrement intense. Parti dans un excellent rythme, l'ASC Chalençon a mené un finish insoutenable face à son adversaire allemand le devançant finalement avec 8 secondes à l’arrivée. Elle constitue pour l'ASC Chalençon sa quatrième médaille paralympique en carrière, et permet à la délégation française d'égaler son dernier total de médaille établi à Pékin en 2020, avec 12 médailles.
ZOOM sur le para-ski nordique - catégorie B1
L'athlète non-voyant est guidé par un partenaire positionné devant lui, qui lui communique les indications de trajectoire et de rythme. Pour le tir en biathlon, la visée s'effectue grâce à un système sonore couplé à une carabine laser, permettant à l'athlète de s'orienter vers la cible par le son.
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Agent contractuel de catégorie B Maxime Montaggioni — Para-snowboard cross (catégorie debout, UL)
Qui est-il ?
Né avec une malformation congénitale du bras droit, l’agent contractuel de catégorie B Maxime Montaggioni a d’abord débuté sa carrière sportive internationale en para taekwondo, remportant une médaille de bronze aux championnats du monde 2013. En 2015, il se réoriente vers le snowboard qu’il pratique depuis l’âge de ses 9 ans et intègre très vite l'équipe de France de para snowboard et son ascension est fulgurante :
- premier podium en Coupe du monde dès 2016
- vice-champion du monde en snowboard cross en 2017
- champion du monde en banked slalom trois jours plus tard.
Après une blessure qui complique ses Jeux de PyeongChang 2018, il prend sa revanche à Beijing 2022 en décrochant l'or en banked slalom. En 2025, il ajoute un sixième titre mondial au Canada. Son palmarès compte également quatre globes de cristal.
Le bilan de ses Jeux
Grand favori des épreuves de Milan-Cortina, le natif de Marseille visait deux podiums en snowboard cross et en banked slalom, avec l’ambition de confirmer son statut parmi l’élite mondiale. La compétition ne s’est toutefois pas déroulée comme espéré : ni sur le snowboard cross ni sur le banked slalom, il n’a pu atteindre le podium, se classant néanmoins dans le top 10 à chaque fois. Ce résultat, en deçà des attentes, ne remet pas en cause l’extraordinaire trajectoire d’un athlète qui a écrit parmi les plus belles pages du para-snowboard français. À 36 ans, son palmarès demeure exceptionnel : six titres mondiaux, quatre globes de cristal et un titre paralympique en banked slalom à Pékin 2022.
À l’issue de ces Jeux, l’agent contractuel de catégorie B Montaggioni tire sa révérence avec la lucidité et l’altruisme qui le caractérisent. Sur le plan sportif, il salue avec enthousiasme la relève : « Il est temps de laisser la place, une nouvelle génération pousse fort dans ma catégorie. » Sur le plan extra-sportif, il évoque avec émotion un drame national qui le touche directement : « J’aimerais remercier tous ceux qui m’ont permis d’être là. Ce matin, on a appris la mort d’un premier soldat français. J’aimerais penser à eux. Je fais partie de l’Armée de Champions, et ils m’ont toujours soutenu. » (Le Parisien). Même sans ultime médaille, ces Jeux viennent clore une carrière d’une remarquable exigence sur le plan individuel, toujours guidée par des valeurs humaines fortes et un sens profond du collectif, comme en témoigne son engagement sincère au service de la Défense.
ZOOM sur le para-snowboard — catégorie debout UL
Deux formats sont disputés : le snowboard cross (plusieurs riders simultanément sur un parcours technique avec bosses et virages relevés) et le banked slalom (individuel contre le chronomètre). La catégorie UL concerne les athlètes présentant une déficience des membres supérieurs.
Une présence qui fait sens
Après la dynamique victorieuse impulsée par les Jeux olympiques d’hiver, les performances concluantes de nos para-athlètes sont venues confirmer une réalité désormais installée : leur contribution dépasse largement leur poids au sein de la délégation. Cela témoigne de la constance et de l’efficacité du soutien apporté par la Défense au sport de haut niveau olympique et paralympique, qui porte pleinement ses fruits en permettant à une grande diversité d’athlètes de performer et de réussir au plus haut niveau international.
Au-delà de la conquête de médailles, ces Jeux d’hiver ont été l’occasion de porter des valeurs d’exigence, de dépassement et d’inclusion propres à nos Armées. Sur les pistes italiennes, les performances de nos athlètes et para-athlètes, soutenus par le dispositif unique du Bataillon de Joinville, illustrent que l’excellence sportive se construit dans la durée, avec rigueur et accompagnement, et qu’elle demeure ouverte à tous les talents, sans limite ni distinction.
Des para-athlètes déjà en piste pour les Alpes françaises en 2030
Milan-Cortina 2026 marque la confirmation d’un modèle, mais aussi un tremplin vers l’avenir. Les prochains Jeux paralympiques d’hiver se dérouleront en 2030 dans les Alpes françaises, sur des terrains que ces para-athlètes connaissent intimement. Plusieurs d’entre eux se projettent déjà vers cette échéance, avec l’ambition de prolonger leur engagement et de s’y illustrer au plus haut niveau.
Ces Jeux en France constitueront un objectif fédérateur pour l’ensemble des athlètes et para-athlètes des armées. L’ambition du Bataillon de Joinville est claire : pérenniser le modèle, accompagner les talents émergents et faire de cette édition à domicile un moment de consécration. Les fondations posées à Milan-Cortina 2026, tant sur le plan des résultats que de la dynamique collective, apparaissent d’ores et déjà solides et prometteuses.
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