La Bérézina

En novembre 1812, la Grande Armée de Napoléon Ier est en déroute lors de la campagne de Russie, acculée au bord du fleuve Bérézina (actuelle Biélorussie).

Le 126e RI reçoit l'ordre de couvrir la retraite de la Grande Armée. Ayant subi de nombreuses pertes, l'assaut de la dernière chance est lancé.

Le courage et le sacrifice des Bisons passe à la postérité et est célébré chaque année, à la fin du mois de novembre.

"Bérézina 1812" est brodé en lettres d'or sur le drapeau régimentaire.

"La Bérézina - Hommage au 126e RI" par Jean DIFFRE © Jean Diffre

Les raisons de la bataille : la retraite de Russie et l’encerclement de la Grande Armée

À l’automne 1812, la campagne de Russie tourne au désastre pour Napoléon. Après l’occupation puis l’évacuation de Moscou, la Grande Armée, décimée par le froid, la faim, les maladies et les attaques incessantes des forces russes, entame une retraite chaotique vers l’ouest. L’objectif de Napoléon est clair : sauver ce qui peut l’être de son armée et franchir les grands obstacles naturels avant que les armées russes ne puissent l’encercler totalement.

La Bérézina, rivière large et marécageuse située dans l’actuelle Biélorussie, devient alors un point de passage critique. Fin novembre, les Russes cherchent à y piéger la Grande Armée en coordonnant leurs forces : l’armée de Tchitchagov bloque les gués, tandis que celles de Wittgenstein et Koutouzov convergent pour écraser les Français. Pour Napoléon, le franchissement de la Bérézina n’est pas une bataille choisie, mais une bataille de survie, condition indispensable pour éviter l’anéantissement total.

Le déroulement de la bataille : franchir l’impossible (26–29 novembre 1812)

Du 26 au 29 novembre 1812, dans des conditions climatiques extrêmes, les Français organisent un franchissement audacieux près du village de Studienka. Grâce au génie du général Eblé et de ses pontonniers, deux ponts de fortune sont construits sous le feu ennemi, dans une eau glaciale, au prix de pertes considérables.

Pendant que les unités combattantes tiennent les rives et repoussent les attaques russes, des dizaines de milliers de soldats, blessés, civils et traînards tentent de franchir les ponts dans une cohue tragique. Les combats sont d’une violence extrême, notamment lors des actions d’arrière-garde destinées à contenir les offensives russes. Lorsque les ponts sont finalement incendiés pour empêcher la poursuite ennemie, des milliers d’hommes restent piégés sur la rive orientale.

Militairement, la bataille de la Bérézina est un succès tactique français : l’armée n’est pas détruite et Napoléon échappe à l’encerclement. Humainement, c’est une catastrophe, devenue dans la mémoire collective le symbole de l’effondrement de la campagne de Russie.

Le rôle du 126ᵉ régiment d’infanterie : tenir, couvrir, sacrifier

Le 126ᵉ régiment d’infanterie, alors 126ᵉ régiment d’infanterie de ligne, est engagé dans cette phase critique de la retraite. Héritier de formations intégrées à l’armée impériale après l’annexion des Pays-Bas, le régiment fait partie des unités chargées de couvrir le franchissement de la Bérézina et de tenir les positions face aux attaques russes, dans des conditions d’épuisement extrême.

Comme de nombreux régiments d’infanterie présents sur place, le 126ᵉ RI participe aux combats d’arrière-garde, mission parmi les plus dangereuses : ralentir l’ennemi, protéger les ponts, permettre le passage du gros des forces, au prix de pertes très lourdes. Les soldats combattent dans le froid, souvent à court de munitions, affaiblis par la faim et les marches forcées, mais maintiennent leurs positions avec une détermination exemplaire.

Le sacrifice du régiment à la Bérézina marque durablement son identité. Cette épreuve fondatrice est reconnue par l’inscription « Bérézina 1812 » sur son drapeau, rappelant que le 126ᵉ régiment d’infanterie a contribué, par son courage et son abnégation, à sauver l’honneur et une partie de la Grande Armée. Pour les générations suivantes, cette bataille devient un symbole de résilience, de fidélité à la mission et d’engagement jusqu’à l’extrême limite.

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